Au Yémen, les murs âgés, maltraités par les intempéries, le sable, les hommes, héritent d’une lumineuse usure. Messagers immobiles, parfois traversés d’ombres furtives, bateaux amarrés au climat d’une ville ou d’un quartier, ils témoignent sans sourciller de l’air du temps.
Des murs, des portes, souvent déguisés de couleurs confusément travaillées par les moisissures, par la saleté, festonnées d’écritures et de dessins, ponctués de serrures obscures.
Parfois comme des peintures, qui ont vu défiler tant de vies, et que l’on ne prend plus le temps d’apercevoir ; peut-être millénaires, à l’immobilité fortement rassurante, et tellement éloignés de nos lieux où tout s’use et disparaît si vite.
Où les partisans de la reine de Saba ont peut-être posé leur tache, et, comme les gens qui ont tant vécu, à qui le temps lègue des rides sinueuses, du charme et de l’épaisseur.