En Nubie, lorsque le soleil se lève, une lumière blanche inonde alors tout le paysage. Il n’y a que la poussière pour donner un peu de vie au lieu qu’elle lisse ou ondule au gré du vent. La vie s’endort pendant ces journées de plomb.
Alors il n’y a plus qu’à attendre, et espérer enfin le « petit soir » pour imaginer plus facilement les alentours du Nil et percevoir enfin des couleurs, bientôt délayées par la nuit. Il existe un temps fugace entre l’éblouissement de la journée et l’arrivée brutale de la nuit bleue. C’est le « petit soir » où circulent d’étranges scènes, où notre il se détourne de la réalité pour percevoir des bribes d’un autre temps, très vif, qui laisse deviner des contours et qui couvre les couleurs d’un voile.
Les lumières se vengent et prennent toute la place, elles inventent des volutes et redessinent le paysage. On est happé par cet éphémère si dense et si révélateur d’imaginaires
Et la nuit redescend vite, reprend ses droits de noctambule et efface les ombres pour ne laisser que quelques lucioles colorées.
Alors il n’y a plus qu’à attendre.