UKRAINE – Ternopil instead of Géorgie, gare de Tbilissi.

Veille du jour de l’an.
Un train vide part pour Odessa.
A minuit alors que le train traverse les plaines Ukrainiennes, un groupe de contrôleurs déguisés défilent dans les wagons en chantant et en lançant des cotillons.

 

GEORGIE - Batoumi

Dans le train il y a la douceur d’un compartiment à deux couchettes confortables avec vue sur le pays, par l’entremise de rideaux entrebâilles.
Dehors il y a la pluie, le froid et l’insécurité.

 

GEORGIE - Gare de Tbilissi

C’est une gare glaciale et morte.
Il y a bien quelques voyageurs mais tous vont solitaires.
Et certain n’ont que leur portable pour se sentir relié au monde.

 

GEORGIE - Batoumi

En face de la gare de Batoumi il y a un immeuble décrépi qui parle de tout un système effondré, mais il y a un palmier flambant neuf que tout le monde respecte.

 

ROUMANIE – Constanta instead of Bulgarie !

Le soir de noël toutes les vitrines sont accueillantes et parfois dans cet hiver coriace on rêve d’un peu de chaleur, d’un shampoing brûlant ou d’un brushing à « l’Américaine ».

 

ROUMANIE - Constanta instead of Bulgarie !

Les jeunes se sont retrouvés à la fête foraine. Tout en se soûlant avec du vin chaud ils reluquent deux chanteuses affriolantes sous l’œil glacé d’un manège aérien dont tout le monde se fout.

 

TURQUIE - Istanbul

Les prostituées sortent d’une « cave cuisine », belles comme des Vénus improbables. Des Géorgiens comblent leur solitude avec un lapin domestique alors que deux mégères enguirlandent le patron de l’hôtel bleu.

 

AZEBAIDJAN – Bakou

Le piano est la seule chose qui marche dans cet hôtel fracassé, vide et sale. Parfois quelqu’un se met à jouer et les sons qu’il libère semblent vieux et fanés comme le reste du décor.

 

UKRAINE - Odessa

Devant le célèbre escalier Potemkine un vieil homme pose devant sa femme. Il ressemble étrangement à mon grand père dont les parents avaient fui cette ville pour échapper aux pogroms.

 

GEORGIE - Poti

Sortir le soir dans les rues est déconseillé par les Géorgiens alors on frôle les murs jusqu’à la mer, plus rassurante, et on croise des ombres errantes parfois accompagnées d’une vache ou de poules.
L’hiver est doux par ici et des kakis indécents rendent le lieu soudainement plus clément.
Mais même la jetée se tourne vers le large et les mouettes ont déserté.

 

TURQUIE – Amasra

On erre sur une jetée où les vagues font la loi. Petit village touristique où l’hiver venu les chats et les poubelles se sentent plus à leur aise.

 

AZERBAIDJAN – Bakou

Dans un chaleureux salon de thé au bord de la jetée, le paysage s’est soudainement animé. Un ado esseulé me regarde et je me demande s’il va sauter dans l’eau glacée.

 

GEORGIE – Batoumi

Je l’ai suivi sur toute la plage. Plusieurs Kilomètres d’écume et de traces sur le sable.
Un discours entre lui et l’eau.
Aujourd’hui la mer est presque noire.

 

GEORGIE - Batoumi

Les plages nues traversent les rudes hivers après des étés frivoles. Et des squelettes laissés pour compte attendent le retour de la saison chaude et de leurs oripeaux.

 

BULGARIE - Varna

Plus rien sur les plages de Varna.
Seules restent les installations touristiques malmenées par les folies de l’été.
Car même les oiseaux désertent les lieux pour des ailleurs plus cléments.

 

 Textes de Nicolas Joriot